Marinella Senatore, l’art comme énergie pour le choeur.

« Devenir artiste est venu naturellement. Très jeune j’ai étudié la musique classique et je dessinais.Intégrer l’art dans mes études était naturel, j’ai choisi d’explorer l’image mouvante et le cinéma. J’ai été candidate à cette grande école du cinema à Rome qui a vu passer les plus grands de Fellini à Godard, j’ y ai été prise et puis après je suis aussi allée me former en Espagne. En fait je réalise que je n’ai jamais cessé d’apprendre, d’étudier.  Bien-sûr en fondant la School of Narrative Dance et maintenant aussi en tant que professeur, j’enseigne à l’Alternative Art School à la New York University, et à la NABA à Rome et Milan. »

Après ses premières pièces inspirées par le langage du cinéma et de micro-récits quotidiens, Marinella Senatore depuis 2006 a mis l’accent sur la recherche de la participation du public comme un protagoniste-clé de son travail. L’artiste décrit son rôle comme celui d’un «activateur». Elle cherche à mettre en action un échange affectif qui se déplace d’histoire en histoire. Le récit devient lui-même un échange où ceux qui travaillent apprennent quelque chose, qu’ils emportent avec eux, avec le souvenir d’avoir été sur le plateau. 

Avec ces dispositifs de participation du public, l’artiste a récemment créé une série de projets, en Italie et à l’étranger, qui sont structurés comme des productions cinématographiques, des ateliers, des défilés et des séances photos, dont le sujet est le processus créatif et collectif lui-même. Impliquer dans un dialogue actif un grand nombre de personnes, de groupes et d’associations grandes ou petites, souvent en dehors du système de l’art, tel est l’objectif de l’artiste. Ses projets, construisent toujours des communautés nouvelles et durables, l’agrégation d’énergies multiples et hétérogènes. 

Née en 1977 à Cava dei Tirreni , Marinella Senatore a reçu de nombreux prix dont celui du New York Prize et de la Dena Foundation Fellowship en 2009. Elle a activé d’innombrables projets participatifs, à l’invitation de biennales prestigieuses comme celles de Venise, Lyon, São Paulo, Thessalonique, Liverpool, Athènes, La Havane, Göteborg, Cuenca, Bangkok et Manifesta 12. L’œuvre de Senatore est représentée dans les collections de  nombreux musées internationaux: Palazzo Grassi à Venise; Centre Pompidou et Palais de Tokyo à Paris; Centro de Arte Dos de Mayo à Madrid; Schirn Kunsthalle à Francfort; Musée d’art contemporain de Chicago; Queens Museum et High Line à New York; Moderna Museet à Stockholm. Ses expositions et événements les plus récents sont: I Say I, récemment inauguré à la Galleria Nazionale d’Arte Moderna e Contemporanea à Rome; Protext! Quando il tessuto si fa manifesto (Centro Pecci, Prato); l’exposition personnelle Un corpo unico / Un cuerpo unico à l’Istituto Italiano di Cultura, Madrid.

Marinella Senatore Little Chaos #1A, 2013 Fine Art Print on Epson Hot Press Paper 160 x 300 cm
Courtesy Mazzoleni, London-Torino

« Quand j’ai commencé dans les années 2000, j’ai ressenti la nécessité d’explorer différentes manières de produire de l’art. Toutes mes expériences, concert classique et cinema,  étaient collectives, j’ai toujours été attiré par le choeur, peut-être parce qu’au début j’étais très timide. J’ai ressenti très vite la nécessité d’ouvrir le processus de création de l’art au plus grand nombre et pas seulement au monde de l’art. Le public changeait et demandait une expérience de l’art plus participative, ce qui est de plus en plus vrai à présent et le sera dans le futur. Former et rassembler des groupes, s’engager auprès d’eux est un processus qui s’accélère actuellement avec les communautés. J’avais eu cette vision il y a 20 ans, même si je n’exclus pas pour autant d’autres formes d’art,  personnellement c’est celle qui me convient le mieux. Selon moi, les artistes doivent être plus actifs dans la société, assumer leur rôle d’agent d’émancipation et de diffusion de l’art, c’est une responsabilité sociale, qui dépasse le monde de l’art.

Tu me demandes d’expliquer la différence avec les Pussy Riots avec qui j’ai pu collaborer, la différence entre moi et des activistes. La grande différence est l’art, la production d’un événement culturel et pas seulement de la provocation. Même si je partage avec elles des sujets qui me tiennent à coeur comme la justice sociale, je veux produire de l’art dans le champ culturel. Les Pussy Riots ont des objectifs différents, elles veulent répandre leur opinions. Et de manière plus générale, les activistes provoquent des explosions, quelqu’en soient les conséquences. Moi justement je fais attention aux conséquences et mon langage c’est la performance via la danse, la poésie, la musique, etc …

Comment je procède pour organiser ces performances de milliers d’individus ? 

Chaque travail est conçu in situ c’est à dire spécifique au lieu. 

La première chose que je fais est de cartographier le territoire et de relever toutes les associations présentes, pas juste celles consacrées à des activités artistiques, mais toutes celles qui sont actives, les associations sportives, de retraités, celles contre les violences domestiques, etc … Nous les invitons toutes. Parallèlement nous lançons un appel à projet, distribué sur des flyers dans la rue, aux sorties des écoles, aux SDF , bref nous essayons de nous adresser à un large public. Après il faut organiser les rencontres, et le calendrier des ateliers/workshops en fonction des disponibilités de chacun. Je dois dire que je me suis retrouvé deux fois à l’hôpital (rires), car des fois je dois trouver un agenda commun et possible pour des milliers de participants à la fois.

Après en fonction du nombre de participants, il faut trouver le lieu pour se réunir : musée, auditorium, stade, école …Ensuite commence la négociation sur le langage et les disciplines choisies, et les ateliers pour les apprendre. Je préfère toujours embaucher des personnes locales pour les enseignements. Je dois dire que les discussions sont la plus belle belle partie du processus, les gens révèvent leurs rêves et désirs profonds, et ouvrent ainsi leur coeur, quelque soit leur classe sociale : de l’illettré au bourgeois, c’est vraiment très fort.

Je n’impose pas mes idées aux participants et il y a donc de longs mois de discussions, de dialogues intenses, quel thème et quel langage choisir et l’apprentissage de celui ci, mais très peu de répétition du spectacle à proprement parler. Le travail c’est de rassembler les gens d’un lieu-dit, de célébrer leur dignité et de fluidifier les énergies. En général ce sont des projets qui durent entre 3 mois (Le Cap en Afrique du Sud) et 6 mois (Centre Pompidou Paris). Mes collaborateurs sont d’anciens participants, ils sont une vingtaine a travers le monde. Mais chaque projet ne compte au maximum 2 ou 3 professionnels pour des milliers de participants. Et à chaque fois je me pose la question de ce que je peux leur apporter, comment je peux les aider, quelle nouvelle compétence veulent ils acquérir. Les gens en général sont très actifs, ils viennent tous avec un souhait et un désir, et ensuite s’aident les uns les autres. Ils créent un nouveau sens de la communauté qui survit en général au spectacle à proprement parler. 

Marinella Senatore  Shenzhen #2, 2018 Fine Art Print on Epson Hot Press Paper 80 x 105 cm
Courtesy Mazzoleni, London-Torino

Tu me demandes ce qui a le plus évolué dans ma manière de travailler. Cela fait maintenant presque 20 ans que j’ai crée la School of Narrative Dance (ndt l’Ecole de la Danse Narrative), et plus de 6 Millions de personnes à travers le monde y ont participé. Je continue d’apprendre beaucoup notamment comment gérer des situations difficiles. L’enfant timide que j’étais n’a plus peur de rien (rires). J’ai travaillé dans tellement de pays différents avec des langues et des cultures différentes (ndt de Venise à Paris, de New York à Johannesburg, de São Paulo à Shenzhen, etc ). Maintenant je peux dire que les gens sont satisfaits de l’expérience et que nous avons réussi à créer une communauté à travers le monde. Je me sens protégée car ce sont les anciens participants qui viennent expliquer aux nouveaux. Quand j’ai commencé, les curateurs me demandaient si c’était de l’art, maintenant ils veulent tous inviter la School of Narrative Dance. Et ce qui fait sens pour moi, c’est que cela durera au delà de moi, c’est mon plus grand désir. Si j’ai crée une bonne plateforme, ce n’est pas si important que les gens dansent bien ou pas, ce qui l’est, c’est qu’ils arrivent à créer une communauté. Et cela marche bien, souvent même le public rejoint les participants et réalise la performance avec eux. Je pense que le rôle de l’artiste est d’activer ce type de processus.

Marinella Senatore  Can one lead a good life in a bad life?, 2020 Photo collage on epson paper
70 x 50 cm
Courtesy Mazzoleni, London-Torino

Mon travail c’est l’énergie, l’énergie créée par le court-circuit entre différents éléments qui dialoguent dans un même lieu. 

Pour la crise du Covid, en mars 2020 je revenais de New York afin d’être à Rome pour être proche de ma famille et enseigner aussi à l’université, la NABA.

Honnêtement je pense que cela a été une des années les plus intenses de ma vie. 

D’abord j’ai été choquée par l’absence des artistes plasticiens; je veux dire que le monde de la mode et de la musique se sont largement mobilisés pour les plus démunis, les plasticiens rien ou pas grand chose. Donc comme en tant qu’artiste je refuse de ne pas travailler, nous avons activé en ligne la School of Narrative Dance. Cela a rencontré un grand succès auprès du public des prisons et de patients malades et handicapés qui se sentaient complètement seuls et abandonnés. On a donc fait des ateliers et des workshops en ligne qui n’étaient pas des substituts de participation réelle. En équipe avec des chorégraphes, nous avons réellement travaillé avec les corps, afin qu’ils puissent ressentir le mouvement. Si tu avais vu après comme les handicapés étaient beaux et épanouis. Pour moi l’art n’est pas une distraction pour gens aisés attendant d’aller à la prochaine foire. Un musée est en train de me demander d’écrire un protocole pour étendre cette expérience donc comme c’est en cours je ne peux pas encore tout détailler. Et puis parallèlement à cela, cette année j’ai travaillé à deux superbes collaborations une avec Dior et sa directrice artistique Maria Grazia Chiuri et une pour le Palazzo Strozzi à Florence.  Je crois que les gens ont et auront toujours besoin de beauté.

We Rise by Lifting Others. Installazione, di Marinella Senatore, per il Cortile di Palazzo Strozzi (photoOKNOstudio)

Beaucoup de personnes m’ont inspirées; pas uniquement du monde de l’art. Je pense d’abord à Jacques Rancière, à son livre Le Maître Ignorant qui m’a inspiré la création de la School of Narrative Dance, à Zygmund Bauman et son concept de société liquide. Tim Rollins et le K.O.S (Kids of Survival). Felix Gonzales-Torres parce qu’il parle à chacun en exprimant sa douleur et le sentiment de perte, de manière extrêmement poétique et en incluant la participation du spectateur à la réalisation de son oeuvre, (apporter des bonbons, traverser un rideau de perles), Bruce Nauman ou Michelangelo Pistoletto, dans ses oeuvres de théâtre de rue ou d’ateliers portes ouvertes. Oui l’Arte Povera avec aussi Giovanni Anselmo. Et puis aussi des références chez les maîtres anciens, ceux qui de par le pas de côté permettent d’avancer.

Marinella Senatore  Protest Bike Paris, 2016
Chopper bike, megaphones, sounds, flags, mixed media Variable dimensions
Courtesy Mazzoleni, London-Torino

A un jeune artiste je recommanderais de prendre l’art au sérieux, de se positionner dans la société comme être humain et comme artiste. Et je lui rappellerai que ce n’est pas juste pour s’amuser, mais que l’art peut aider et faire la différence dans la vie des gens.

Comme projets, en 2021 je devrais participer à la Biennale de Sao Paulo en travaillant avec des prisons et des prisonniers; et puis à la Biennale de Sonsbeek  aux Pays-Bas, la Biennale MOMENTUM 11 en Norvège et Bodies in Alliance (Belgique). Et en 2023 j’ai une grande installation prévue en Israël.

Interview réalisée le 26 Février par Valentine Meyer. De chaleureux remerciements à Marinella Senatore, Giuliana Setari fondatrice de la Dena Foundation, et Lucile Brun de la galerie Mazzoleni.
 Pour en savoir plus sur le travail de Marinella Senatore, voici son riche site personnel et celui de la galerie Mazzoleni qui la représente ainsi qu’une vidéo de 2min30 réalisée par la Peggy Guggenheim Collection.

https://mazzoleniart.com/elenco_artisti/marinella-senatore/

Marinella Senatore, art as energy for the choir.

“Becoming an artist came naturally. Very young I studied classical music and I drew.

Incorporating art into my studies was natural, I chose to explore the moving image and the cinema. I was a candidate for this great school of cinema in Rome which saw the greatest from Fellini to Godard, I was taken there and then afterwards I also went to train in Spain. In fact I realize that I have never stopped learning, studying. Of course by founding the School of Narrative Dance and now also as a teacher, I teach at the Alternative Art School at New York University, and at NABA in Rome and Milan. « 

After her first pieces inspired by the language of cinema and daily micro-narratives, Marinella Senatore since 2006 has focused on seeking public participation as a key protagonist of her work. The artist describes his role as that of an « activator ». She seeks to put into action an emotional exchange that moves from story to story. The story itself becomes an exchange where those who work learn something, which they take with them, with the memory of having been on the set.

With these public participation devices, the artist has recently created a series of projects, in Italy and abroad, which are structured as film productions, workshops, parades and photoshoots, the subject of which is the creative and collective process itself. To involve in an active dialogue a large number of people, groups and associations large or small, often outside the art system, this is the artist’s goal. Its projects always build new and sustainable communities, the aggregation of multiple and heterogeneous energies. »

Born in 1977 in Cava dei Tirreni, Marinella Senatore has received numerous awards including that of the Dena Foundation, and participated in countless participatory projects, at the invitation of prestigious biennials such as those in Venice, Lyon, São Paulo, Thessaloniki, Liverpool, Athens, Havana, Gothenburg, Cuenca, Bangkok and Manifesta 12.
Senatore’s work is represented in the collections of many international museums: Palazzo Grassi in Venice; Center Pompidou and Palais de Tokyo in Paris; Centro de Arte Dos de Mayo in Madrid; Schirn Kunsthalle in Frankfurt; Chicago Museum of Contemporary Art; Queens Museum and High Line in New York; Moderna Museet in Stockholm. Its most recent exhibitions and events are: I Say I, recently opened at the Galleria Nazionale d’Arte Moderna e Contemporanea in Rome; Protext! Quando il tessuto si fa manifesto (Centro Pecci, Prato); the personal exhibition Un corpo unico / Un cuerpo unico at the Istituto Italiano di Cultura, Madrid

“When I started in the 2000s, I felt the need to explore different ways of producing art. All my experiences, classical concert and cinema, were collective, I have always been drawn to the choir, maybe because at the beginning I was very shy. I very quickly felt the need to open up the process of creating art to as many people as possible and not just to the art world. Audiences were changing and demanding a more participatory art experience, which is increasingly true now and in the future. Forming and bringing groups together, engaging with them is a process that is currently accelerating with communities. I had this vision 20 years ago, although I do not exclude other forms of art, personally it is the one that suits me best. In my opinion, artists must be more active in society, assume their role as agents of emancipation and dissemination of art, this is a social responsibility, which goes beyond the art world.

You ask me to explain the difference with the Pussy Riots that I have collaborated with, the difference between me and activists. The big difference is art, the production of a cultural event and not just provocation. Even though I share with them subjects that are close to my heart such as social justice, I want to produce art in the cultural field. The Pussy Riots have different goals, they want to spread their opinions. And more generally, activists cause explosions, regardless of the consequences. I, in fact, pay attention to the consequences and my language is performance through dance, poetry, music, etc …

How do I go about organizing these performances of thousands of individuals?

Each work is designed in situ, that is to say specific to the place.

The first thing I do is map the territory and identify all the associations present, not just those devoted to artistic activities, but all those which are active, sports associations, retirees, those against domestic violence, etc …

We invite them all.

At the same time, we are launching an open call, distributed on flyers in the street, at school outlets, homeless people, in short we are trying to reach a large audience.

Then you have to organize the meetings, and the schedule of workshops / workshops according to the availability of each. I have to say that I ended up in the hospital twice (laughs), because sometimes I have to find a common and possible agenda for thousands of participants at a time.

Then, depending on the number of participants, you have to find the place to meet: museum, auditorium, stadium, school… Then begins the negotiation on the language and the chosen disciplines, and the workshops to learn them.

I always prefer to hire local people for the teachings.

I must say that the discussions are the most beautiful part of the process, people reveal their dreams and deep desires, and thus open their hearts, whatever their social class: from the illiterate to the bourgeois, it is really very strong.

I don’t impose my ideas on the participants and so there are months of long discussions, intense dialogues, what theme and what language to choose and learning it, but very little rehearsal of the show itself. The job is to bring together the people of a locality, to celebrate their dignity and to fluidify energies. In general, these are projects that last between 3 months (Cape Town in South Africa) and 6 months (Center Pompidou Paris). My collaborators are former participants, there are about twenty of them around the world. But each project has a maximum of 2 or 3 professionals for thousands of participants. And each time I ask myself the question of what I can bring them, how I can help them, what new skill they want to acquire. People in general are very active, they all come with one wish and one desire, and then help each other. They create a new sense of community that usually outlasts the show itself.

You ask me what has changed the most in my way of working. It’s been almost 20 years now since I created the School of Narrative Dance, and over 6 million people around the world have participated. I continue to learn a lot including how to handle difficult situations. The shy child that I used to be is no longer afraid of anything (laughs). I have worked in so many different countries with different languages ​​and cultures (note from Venice to Paris, from New York to Johannesburg, from São Paulo to Shenzhen, etc). Now I can say that people are happy with the experience and that we have been successful in building community across the world. I feel protected because it is the old participants who come to explain to the new ones. When I started, the curators asked me if it was art, now they all want to invite the School of Narrative Dance. And what makes sense to me is that it will last beyond me, that is my greatest desire. If I’ve created a good platform, it’s not so important that people dance well or not, what it is is that they get to create a community. And it works well, often even the audience joins the participants and performs the performance with them. I think the role of the artist is to activate this type of process.

My work is energy, the energy created by the short-circuit between different elements that dialogue in the same place.

For the Covid crisis, in March 2020 I was returning from New York to be in Rome to be close to my family and also to teach there at the university, NABA.

Honestly I think it has been one of the most intense years of my life.

At first I was shocked by the absence of the visual artists; I mean that the world of fashion and music have largely mobilized for the most disadvantaged, plastic surgeons nothing or not much. So since as an artist I refuse not to work, we have activated the School of Narrative Dance online. It was a big hit with the prison public and sick and disabled patients who felt completely alone and abandoned. So we did workshops and online workshops that were not substitutes for real participation. As a team with choreographers, we really worked with the bodies, so that they could feel the movement. If you had seen afterwards how beautiful and fulfilled the disabled were. For me, art is no distraction for wealthy people waiting to go to the next fair. A museum is asking me to write a protocol to extend this experience so as it is underway I cannot detail everything yet.

And then at the same time this year I worked on two beautiful collaborations one with Dior and its artistic director Maria Grazia Chiuri and one for Palazzo Strozzi. I believe that people have and always will need beauty.

Many people have inspired me; not just from the art world. I am thinking first of Jacques Rancière, of his book Le Maître Ignorant, which inspired me to create the School of Narrative Dance, of Zygmund Bauman and his concept of a liquid society. Tim Rollins and the K.O.S (Kids of Survival). Felix Gonzales-Torres because he speaks to everyone by expressing his pain and the feeling of loss, in an extremely poetic way and by including the participation of the spectator in the realization of his work, (bringing candies, crossing a curtain of pearls) , Bruce Nauman or Michelangelo Pistoletto, in his street theater works or open house workshops. Yes Arte Povera with also Giovanni Anselmo. And then also references to the old masters, those who by stepping aside allow us to move forward.

To a young artist I would recommend to take art seriously, to position yourself in society as a human being and as an artist. And I’ll remind him that it’s not just for fun, but that art can help and make a difference in people’s lives.

As projects, in 2021 I should participate in the Sao Paulo Biennale working with prisons and prisoners; and then at the Sonsbeek Biennale in the Netherlands, the MOMENTUM 11 Biennale in Norway and Bodies in Alliance (Belgium).

And in 2023 I have a large installation planned in Israel. »

Interview conducted on February 26 by Valentine Meyer. Warm thanks to Marinella Senatore, Giuliana Setari, founder of the Dena Foundation, and Lucile Brun of the Mazzoleni gallery.

To learn more about Marinella Senatore’s work, here is her personal website and that of the Mazzoleni gallery which represents her.

https://marinella-senatore.com

https://mazzoleniart.com/elenco_artisti/marinella-senatore/

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